C’est quand qu’on part ?

Janvier rime souvent avec projets d’été. Et oui, quoi de mieux, quand les routes se parent d’un joli manteau blanc, que de se blottir au coin du feu avec une bonne tasse de thé et de discuter vacances, d’imaginer les rayons d’un soleil resplendissant venir caresser votre peau et vous habiller d’un teint hâlé à en faire jalouser les copines ? Eh bien figurez-vous que certaines personnes ne peuvent pas attendre l’été et préfèrent s’évader dès le début de l’année. C’est ainsi que nous avons eu la visite de mon petit frère, Aurélien, pour une dizaine de jours.
“Ok, sympa”, me direz-vous. “Mais, à part Hollywood et Beverly Hills, qu’est-ce qu’on peut bien faire du côté de Los Angeles pendant 10 jours ?”
Pour vous montrer qu’il y a largement de quoi s’occuper, voici un aperçu des découvertes du frérot :

  • JOUR 1 : Pour commencer, il faut arriver à l’aéroport de Los Angeles. Et là déjà, c’est tout un périple. Paris (CDG) offre des vols directs sur la Californie (environ 11 heures de vol), ce que ne propose pas Zaventem. Question prix, il suffit de connaître les trucs et astuces pour trouver un billet pas cher (c’est notamment bien expliqué ici). Une fois sur le sol américain, il y a la douane à passer. Et là, ce n’est pas toujours la joie… Aurélien est arrivé avant l’investiture de Trump, mais il a tout de même mis 2h30 pour passer les services d’immigration avec un simple visa touristique. Je vous rassure, ce n’est pas tous les jours comme ça. Ensuite, il faut passer en voiture par Downtown LA (le centre-ville de Los Angeles, qu’on traverse via l’autoroute) pour arriver à Pasadena, et là, ce n’est jamais la joie… : imaginez une pelote de laine formée d’une dizaine de fils. Tirez sur chacun des fils en même temps et observez le résultat : un bon gros nœud qu’il ne reste plus qu’à défaire ! Bref, traverser LA, ce n’est vraiment pas une bonne idée, encore moins aux heures de pointe – qui s’étendent de 6 heures à 10 heures, et de 15 heures à 20 heures –  pendant lesquelles vous avancez à la modique allure de 5 miles par heure. Patiente et témérité sont alors vos maître-mots : la patience, parce que les Américains ne savent pas conduire (conduire une automatique, c’est comme conduire une auto-tamponneuse, sauf qu’il faut quand même éviter les pare-chocs) ; la témérité, parce que traverser 6 bandes d’autoroute en un mile (ou 1,6 km) pour ne pas louper une sortie dans un trafic complètement congestionné, cela demande beaucoup de courage.
  • JOUR 2 : Comme c’est la première fois qu’Aurélien mettait les pieds à Pasadena (et en Californie), je me devais de lui faire une petite visite du Old Town (la Route 66, le City Hall, les petites boutiques, tout ça tout ça) et des hypermarchés de la ville. Puis, il avait tout de même le jet lag dans les dents (9 heures de décalage, on les sent passer), donc le programme de la journée a été assez light.
  • JOUR 3 : Pas de chance, ce jour-là, il pleuvait. De la pluie, en Californie ?! Oui, après une période de 5 années de sécheresse, les petits Belges fraîchement débarqués ont malencontreusement emporté quelques (énormes) nuages dans leurs valises (oups). La nature ne s’en plaint pas, Aurélien un peu plus. (Nous on ne dit trop rien parce qu’on sait que le soleil reviendra bientôt.) Du coup, l’activité de la journée, c’était le mall de Glendale. Un mall, c’est une sorte de shopping center, mais dix fois plus grand que ceux qu’on peut rencontrer en Europe. Celui-ci, par exemple, compte pas moins de 200 magasins ! Et les grandes marques comme LEVI’S sont vraiment moins chères qu’outre-Atlantique.
  • JOUR 4 : C’est là que les choses sérieuses ont commencé. Nous avions un hike d’organisé avec le Groupe des dépendants des post-docs de Caltech (que j’appellerai désormais GDPC) dans la National Angeles Forest. Il s’agissait d’une ascension jusqu’au Strawberry Peak, un sommet culminant à quelque 1880 mètres d’altitude (pour les détails techniques : départ de la Red Box Picnic area pour un trail de 3 à 4 heures et environ 560 mètres de dénivelé). Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que nous allions trouver de la neige là-haut. Évidemment, quand il fait froid (oui, 10°C en ville, c’est froid ici), la pluie à cette altitude, ça se transforme en neige … Heureusement, le soleil brillait de mille feux et nous a réchauffés tout au long de la balade. La neige avait même complètement disparu sur une bonne partie du trail quand nous sommes redescendus.
  • JOUR 5 : Il pleut à nouveau, mais peu importe : ce jour-là, nous bravons le froid et la pluie battante pour supporter Quentin qui court le semi-marathon de Pasadena. Le départ se faisait à 10 minutes en voiture de chez nous, au Rose Bowl Stadium (où on sera aussi le 21 mai !!!), à 7 heures du matin (on vous l’a déjà dit, ils sont fous ces Américains !). Mais les organisateurs ont eu la bonne idée d’autoriser l’accès au stade par une seule et unique route. Imaginez donc maintenant un entonnoir pas plus large qu’une voiture dans lequel on essaie de faire rentrer 3 files de voitures en même temps. Résultat ? On crée un énorme embouteillage dès 5h50 du matin dans lequel on ne fait même pas 1 mile à l’heure. Au bout de 45 minutes et 30 mètres parcourus, Quentin a fini par rejoindre un petit groupe de marcheurs matinaux sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute afin de ne pas manquer le départ de la course, qui a finalement été retardé d’1/2 heure à cause des embarras de circulation. Notre athlète du dimanche a bouclé les 21,4 km du parcours en un temps record pour lui : 1 h 43 min 50 sec !
    Avec un horaire aussi matutinal, nous avions toute notre après-midi de libre. Cependant, la pluie n’était pas décidée à nous quitter, et nous avons donc opté pour la visite de la fameuse Gamble House (fameuse, parce qu’elle apparaît dans un film culte … Je vous laisse deviner lequel), une maison à l’architecture surprenante qui n’était autre que le lieu de villégiature de la famille Gamble (de la société Procter & Gamble ou P&G) au début des années 1900. L’entièreté de la maison était faite en bois (du plancher au plafond, en passant par les meubles qui avaient été conçus spécialement pour cette demeure), et nous ne pouvions pas faire de photo “au risque d’abîmer la structure fragile”.
  • JOUR 6 : De la pluie, encore de la pluie et toujours de la pluie… Quoi de mieux dès lors que de profiter de ce temps exécrable pour visiter des studios de cinéma ? Notre choix s’est porté sur les studios Warner Bros pour plusieurs raisons : d’abord le prix (pour Universal, il faut compter quasi le double, soit 105$ au lieu de 62$), puis les films et séries qui y sont produits (on connaissait moins de choses chez Paramount), et enfin pour la localisation. Les studios se situent non pas à Hollywood, mais à Burbank, ce qui est beaucoup plus proche quand on vient de Pasadena. Bref, toutes ces raisons ont fait que nous nous sommes retrouvés dans une voiturette touristique qui sillonne les décors les plus fameux d’Hollywood. Au détour d’une ruelle en carton, notre guide nous explique que tel épisode de telle saison de The Big Bang Theory a été tourné devant cette façade. Ce même bâtiment a d’ailleurs servi pour le tournage de plusieurs épisodes de Friends. Il nous explique aussi comment on fabrique la pluie chez Warner Bros (parce que normalement, il ne pleut pas), ou encore, comment on change les saisons en un tour de mains. On a eu le droit de visiter le set de tournage de la série The Fosters et d’y découvrir ainsi quelques trucs et astuces utilisés pour les créations de décors (le plus “impressionnant” était certainement la grande toile qui représentait tout le voisinage). Il y avait bien sûr une exposition sur Harry Potter et Batman, et on a également mis les pieds dans la caverne d’Ali Baba des studios. Nous avons terminé la visite dans un petit musée consacré aux secrets de tournage (comment Gandalf apparaît deux fois plus grand que les nains dans Le Hobbit ou comment le film Gravity s’est déroulé uniquement dans une chambre verte). On a même pu s’asseoir dans le fauteuil de Friends ! Bref, un super endroit pour comprendre un peu mieux toute la magie du septième art 🙂 Et pour ceux qui auraient une imagination débordante, sachez que vous pouvez utiliser tout ce qui se trouve dans les studios pour créer votre propre film … tant que vous avez de l’argent (beaucoup).
  • JOUR 7 : Pour continuer notre incursion au pays des stars, nous sommes allés nous perdre sur Hollywood Boulevard. Il faut tout de même savoir que, en dehors du Walk of Fame et des empreintes du Grauman’s Chinese Theatre, il n’y a pas grand chose à y voir. Les alentours paraissent même un peu malfamés à cette époque de l’année. Nous avons continué notre expédition journalière en direction des immenses demeures de Beverly Hills. Nous nous sommes arrêtés au Greystone Mansion, où l’on peut se balader librement (et gratuitement) dans le parc qui entoure le manoir et ainsi mesurer toute la démesure du showbiz hollywoodien.
  • JOUR 8 : Hollywood ne serait pas Hollywood sans son fameux signe. Pour y accéder, il faut marcher. Pour les moins courageux, il faut compter environ 1 heure de marche. Pour les autres, il existe différents trails plus ou moins longs qui vous mèneront tout en haut du Mont Lee. Nous, on a choisi de partir du Brush Canyon Trailhead pour une sympathique balade d’environ 10 km (aller-retour). Par contre, il ne faut pas rêver : le signe Hollywood n’est pas accessible au public ; il est bien gardé derrière un haut grillage surmonté de caméras. (Seuls certains intrépides osent s’y aventurer pour y faire quelque blague pour la nouvelle année.) Il n’empêche que le panorama tout en haut du mont est splendide : il vous offre une vue à 360° sur Los Angeles et ses environs.
  • JOUR 9 : On a profité du superbe temps pour passer la journée du côté du Pacifique. Notre première activité, c’était une excursion sur l’océan pour observer les baleines. Et on en a vu 3 ! Enfin, “vu” est un grand mot : on a aperçu leur queue et l’air qu’elles rejetaient par leur évent. On a tout de même pu les observer pendant presque une heure. On a aussi admiré une bande de dauphins qui ont escorté notre bateau pendant quelques minutes, un lion de mer qui nous faisait des signes dans le petit port duquel on est partis (Marina Del Rey), des pélicans, des cormorans et toutes sortes d’oiseaux loufoques dont je ne connais pas les noms. L’après-midi, nous sommes allés à Santa Monica et Venice Beach, où j’ai à nouveau pu profiter d’un joli coucher de soleil.
  • JOUR 10 : Parfois, il faut savoir se reposer. C’est ce que nous avons fait en ce jour sacré. La nuit fut tout de même mouvementée pour Quentin et Aurélien, qui ont eu une fringale vers 3 heures du matin et se sont rendus à pied au Carl’s Jr. (un fast food) en bas de notre rue. Pas de chance pour eux : seul le drive était ouvert. Ils ont pu faire demi-tour et aller chercher la voiture pour avoir l’autorisation de réclamer leur pitance. (Quand on vous dit qu’ils sont fous, ces Américains :p )
  • JOUR 11 : C’était le jour du départ du frérot. On a évidemment voulu partager un dernier repas avec lui et, devinez ce qu’on a choisi pour l’occasion ? Un hamburger, bien sûr !dsc_0133
    En revenant du restaurant, nous avons croisé des manifestants qui scandaient leur mécontentement face à la loi anti-immigration imposée par le nouveau président américain. À l’aéroport aussi, beaucoup de personnes s’étaient rassemblées pour protester. Le pays est choqué par cette loi hautement islamophobe, et même des Républicains comme John McCain, pourtant réputé pour son conservatisme, s’insurgent et craignent que cet ordre exécutif n’attise la haine. Caltech, l’université pour laquelle Quentin travaille, assure qu’elle fera tout pour continuer à aider chaque membre de l’université, et ce peu importe le pays d’origine. Bref, la résistance s’organise. Pour nous, ça ne change rien pour le moment, mais en tant qu’immigrés, on est évidemment en pleine ligne de mire de l’administration Trump. Et puis, moi je suis toujours en attente de mon permis de travail qui devrait m’être délivré dans les prochaines semaines. Au plus les jours passent, au plus je crains un nouvel ordre exécutif interdisant aux détenteurs d’un visa J2 de travailler..
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