Roulez, Quentin et Aude !

Ça y est ! On a désormais un fidèle destrier avec lequel on va pouvoir partir à la conquête de l’Ouest ! Certes, il était temps, mais comme beaucoup de choses aux US, rien n’est facile… Pour faire court, pour acheter une voiture en Californie, il faut un permis … californien. Malheureusement, contrairement à d’autres États, le Saint-Graal ne s’achète pas, il se mérite. Comme nous louions une voiture en novembre – et que nous avions d’autres choses plus urgentes à régler – nous ne nous sommes pas pressés pour passer le permis. Bref, début janvier, j’étais dans les starting blocks et, en une semaine, j’ai passé mon théorique puis mon pratique. Quentin, qui a un emploi du temps (un peu) plus chargé que le mien, n’a passé que la première étape pour l’instant  (bouuuh !). On a d’ailleurs ri jaune quand il s’est présenté à la DMV (Department of Motor Vehicles) de Pasadena : son passeport “ne pouvait pas” être vérifié par leur système et ils allaient l’envoyer pour vérification auprès d’une entité gouvernementale, ce qui pouvait prendre “3 à 4 mois”. (Apparemment, c’est le délai fétiche des Américains : c’est le même pour recevoir sa carte de permis, son autorisation de travail, la carte grise du véhicule, etc. Une lenteur administrative pire qu’en Belgique !) On avait beau leur expliquer que, rien que pour arriver devant eux, nos passeports avaient été vérifiés au moins dix fois par des instances gouvernementales, ils restaient sourds à nos supplications. Après 1h30 perdue à discutailler, j’ai eu la merveilleuse idée de conduire mon cher et tendre (parce que jusque là, j’étais son chauffeur attitré) à la DMV de Glendale, là où moi j’avais passé le théorique sans souci. Et là, miracle ! aucun problème de reconnaissance du passeport ! Depuis ce jour, Quentin a le droit de conduire avec son instructrice préférée à ses côtés 🙂

Alors, pourquoi repasser son permis ? Rouler en Californie est-il si difficile ? Pas vraiment, c’est même plus facile que de rouler en Europe. D’abord parce que les voitures sont en grande majorité automatiques, ensuite parce que les bandes de circulation sont très larges et, pour la conduite urbaine, très droites. Cependant, certaines choses changent, à commencer par les panneaux de signalisation, fort différents de chez nous (à l’exception du STOP et du CÉDEZ LE PASSAGE qui restent les mêmes). Ensuite, il y a quelques règles “sympas”, comme le fait qu’on puisse tourner à droite même lorsque le feu est rouge ou que la priorité de droite n’existe pas, mais qu’on a plutôt des carrefours avec quatre signaux STOP, où le premier arrivé est le premier à passer. D’autres sont assez loufoques, comme le fait de ne pas pouvoir avoir de bouteille d’alcool ouverte dans l’habitacle (sa place est dans le coffre), alors qu’une arme à feu, il n’y a pas de problème tant qu’elle n’est pas utilisée sur l’autoroute ou aux feux de signalisation. Et puis, il y en a que je n’aime pas du tout, comme le dépassement autorisé à gauche ou à droite d’un véhicule. Tout ça pour dire que, oui, il y a une utilité à étudier le code théorique. Quant à celle de repasser le pratique … je relèverai simplement le fait qu’on peut se présenter seul, avec une voiture de location tant qu’on a un permis étranger valide …

Une fois toutes ces étapes passées, donc, nous avons fait l’acquisition d’une voiture avec laquelle nous nous sommes empressés de faire une petite virée dominicale du côté des montagnes de San Gabriel. Nous avions envie de tester une petite balade de moins de trois heures trouvée sur SoCalHiker, un blog vraiment bien fait qui reprend et détaille pas mal de hikes dans la région (c’est là que j’avais trouvé également la balade autour du signe Hollywood). Le Echo Mountain trail est différent des randonnées habituelles, car son point de chute est le Mount Lowe, où l’on découvre les ruines d’un hôtel de luxe construit à la fin du XIXe siècle – the Echo Mountain House. Cet hôtel était réservé à la bourgeoisie de Pasadena, qui y accédait via un petit train à traction électrique rendu possible par le millionnaire Thaddeus Lowe et inauguré en 1893 (une prouesse technologique pour l’époque). Malheureusement, l’activité n’était pas rentable, et l’incendie qui brûla une bonne partie des bâtiments en 1905 ainsi que les différentes intempéries qui mirent à mal le chemin de fer eurent raison de cette attraction touristique, qui ferma ses portes officiellement, et définitivement, en 1938. Cette vidéo retrace l’histoire de cet hôtel perché sur un promontoire à quelque 1000 mètres d’altitude.

Ce weekend, on a fait une plus longue chevauchée route pour nous rendre à San Diego, la dernière grosse ville californienne avant la frontière mexicaine. Pour l’occasion, on a notamment traversé une portion d’autoroute à huit bandes de circulation … dans chaque sens ! Du côté de Pasadena, on est plutôt habitués à voir “seulement” six bandes, du coup, c’était impressionnant, même pour nous ! À cause du mauvais temps (sachez-le, quand on vous dit qu’en Californie, c’est 360 jours de ciel bleu par an, on vous ment ! Depuis qu’on a débarqué, c’est un jour sur trois où l’on essuie des pluies torrentielles à en faire pâlir de jalousie notre bonne vieille drache nationale), à cause du mauvais temps, donc, nous étions limités à un jour de visite pendant lequel nous avons essayé de voir le plus de choses possible. On était même arrivés la veille au soir pour profiter un max de notre unique jour dans cette ville. Le quartier qui bouge à la nuit tombée, c’est Gaslamp Quarter (qui doit son nom aux lampes à gaz qui l’éclairent). Après avoir tourné en rond pendant 3/4 h pour trouver une place où se garer, on y a profité d’un concert d’un cover band avant d’aller manger dans un sympathique petit restaurant italien. Le lendemain matin, on s’est promenés au Balboa Park, un parc (évidemment) rempli de jardins et de musées (qu’on n’a pas visités parce qu’on n’avait pas le temps). Je ne sais pas pourquoi, mais Quentin s’y est reconverti en artiste de rue.

Après avoir fini d’amuser le public, nous nous sommes rendus dans le Old town, qui est en fait un revival de l’époque hispanique. On y trouve beaucoup de restaurants “à la mexicaine” et de petites échoppes d’artisans locaux.

En fin d’après-midi, nous avons voulu profiter du coucher de soleil à Point Loma, mais, pas de chance pour nous, la réserve fermait à 17h et l’entrée coûtant 10$, nous avons décidé de faire demi-tour. Avant de repartir, nous nous sommes tout de même arrêtés au cimetière militaire de Fort Rosecrans, qui surplombe la baie de San Diego. Finalement, nous avons profité du coucher de soleil à Torrey Pines, une petite plage apparemment appréciée des nudistes (ok, c’est peut-être une conclusion rapide, mais on en a quand même vu deux…) et qui a la particularité d’être bordée de falaises assez impressionnantes. Les fortes pluies qui étaient tombées les jours précédents rendaient, par ses nombreux effritements de terrain, l’érosion du sol plus fragile et plus fascinante encore.

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6 Comments Add yours

  1. christine verbeke says:

    Magnifiques photos….j’adore suivre vos aventures, merci pour ce partage et bonne route à vous 2! Bizzzzz

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    1. Curieuse grignoteuse says:

      Merci 😊

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  2. Marie D. says:

    Toujours aussi beau à lire et à regarder (je ne dis pas ça pour le nudiste ;-p)

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    1. Curieuse grignoteuse says:

      C’est ce qu’on dit 😜 Les petits bonhommes tout nus, ça fait toujours monter les statistiques 😄

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  3. Wivine says:

    Merci à Aude pour cours d’histoire et de géographie,
    soutenus par de belles photos !

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    1. Curieuse grignoteuse says:

      Merci 😊

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