Terres sauvages

Ces dernières semaines en Californie, il a fait très beau, ce qui n’est plus le cas à l’heure où j’écris ces lignes, puisqu’il pleut à nouveau… Mais bon, on a appris à relativiser, surtout que, grâce à toute la pluie qu’on a essuyée depuis qu’on est arrivés, on a pu assister le weekend dernier à un phénomène assez exceptionnel : quand les conditions météorologiques hivernales permettent un apport suffisant en eau dans les déserts de Californie, on peut observer au printemps l’éclosion de milliers de fleurs au beau milieu de ces terres arides ! Cette année, le super bloom (floraison exceptionnelle) a déjà commencé début mars au Anza Borrego Desert State Park, le parc d’État le plus grand de Californie (à ne pas confondre avec les parcs nationaux ou National Parks comme le YosemiteJoshua Tree ou Death Valley qui sont bien plus grands, mais les Borregois néologisme, bonjour en sont fiers, donc il est important de le souligner). Mon esprit avait gardé en mémoire une vidéo que j’avais vue au journal de France 2 il y a quelques années sur les champs de fleurs jaunes qui recouvraient alors la Vallée de la Mort. Quand j’ai su qu’un phénomène similaire se déroulait à seulement 2h30 de chez nous, il fallait que je voie ça de mes propres yeux. Évidemment, il fallait motiver les troupes – qui ne sont en fait constituées que d’une seule personne, nommément Quentin. Bref, autant dire que la partie était gagnée d’avance. Il fallait juste choisir le bon weekend : la précipitation ne servait à rien, car les fleurs éclosent petit à petit, mais il ne fallait pas arriver trop tard non plus, c’est-à-dire après le passage de chenilles voraces qui peuvent décimer un champ entier en quelques jours seulement. Après analyse de la blogosphère, nous avons décidé de partir le weekend dernier. Pour éviter de passer 5 heures en voiture pour seulement 3 heures sur place, nous avons cherché d’autres activités à faire en chemin et profité de l’occasion pour passer une nuit du côté du désert. Le hic, c’est que le super bloom amène une tonne de visiteurs et que le AirBnB le plus proche (à un prix abordable) que nous avons trouvé 4 jours avant notre départ se situait du côté de Palm Desert, soit à plus de 120 km du parc. (Même les campings étaient complets…) On décide tout de même de prendre ce logement, puis de voir ce qu’il est possible de faire dans cette région, qui est surtout connue pour Palm Springs, une ville exubérante dans cette zone semi-désertique où, aux villas toujours plus luxueuses, se succèdent les greens verdoyant des dizaines de terrains de golf. Heureusement, il y a quelques semaines, j’avais découvert un article s’intitulant “Les 28 endroits les plus beaux de Californie dont vous ignoriez l’existence” dans lequel il n’y avait pas un, mais deux endroits qui se situaient justement sur notre chemin : Indian Canyons et Painted Canyon !

Samedi matin, nous étions donc on the road, direction les canyons de Palm Springs. Après avoir joué à l’accordéon sur l’autoroute pendant un peu plus de deux heures et avoir gagné 10° au thermomètre (25° pour un 18 mars, ce n’était pas encore assez chaud), nous arrivons à notre première destination. Et là, nous sommes émerveillés par le spectacle qui s’offre devant nous : le sol s’est paré d’une palette de couleurs nuancées par les généreux rayons de soleil. On ouvre alors les fenêtres de la voiture, et un agréable parfum floral vient nous chatouiller les narines. Bref, ça sent vraiment bon le printemps ! Indian Canyons possédant plusieurs canyons, il fallait faire un choix. Retour donc sur la blogosphère pour nous orienter, et c’est Murray Canyon qui sort vainqueur, avec sa promesse d’oasis, de palmiers, de nombreux points d’eau, d’une faune et d’une flore abondantes et d’un nombre restreint de touristes (choix basé sur les avis lus ici et ). Ici aussi, on pouvait admirer le super bloom, et j’avais l’impression d’être Laura Ingalls perdue au milieu de la jungle. Quentin, quant à lui, incarnait au choix Mowgli ou Tarzan dans la prairie. À force de flâner et de jouer dans la rivière, on n’a pas vu le temps passer, si bien qu’on n’est pas arrivés au bout de la (courte) balade parce qu’un Ranger obligeait les gens à redescendre dès 16 heures (le parc fermait à 17 heures). Heureusement, ce monsieur était bien gentil, et il nous a emmenés voir une jolie cascade à l’écart du sentier. En redescendant, il nous a également montré un gros lézard très coloré (que je n’ai malheureusement pas eu le temps de photographier) ainsi que les empreintes laissées par un mouflon et un serpent – que nous n’avons pas vus.

Dimanche matin, c’est là que l’aventure “déserts” a véritablement commencée. La première étape de la journée, c’était Mecca Hills et son Painted Canyon. Mais la route n’a pas été de tout repos. D’abord, parce que je me suis rendu compte – quand on était presque arrivés – que j’avais oublié la batterie et le chargeur de mon appareil photo au AirBnB (oui, je suis un boulet). Pendant qu’on décidait du moment où on allait les récupérer, on a loupé la petite route de terre qu’on devait emprunter pour arriver au départ de la balade. Quentin s’arrête alors sur le bas-côté de la route avant de faire demi-tour, sauf que la voiture a eu la bonne idée (oui, c’est elle la coupable !) de s’enliser dans le petit amas de sable qui s’y était accumulé… Par chance, il y avait justement un groupe de jeunes arrêtés quelques mètres plus loin qui sont directement venus nous prêter main forte (on est toujours étonnés de voir à quel point les gens sont naturellement serviables ici !). Cinq paires de bras et quelques minutes plus tard, nous pouvions enfin faire demi-tour. Lorsqu’on tourne sur la piste, on remarque alors un panneau signalant qu’elle est praticable uniquement pour les véhicules à quatre roues motrices… Après nous être enlisés, je ne suis pas vraiment convaincue qu’il faille continuer, mais Quentin est plus serein que moi et nous nous engageons donc sur cette route cabossée (on a tout de même demandé à un 4×4 qui passait dans l’autre sens si c’était vraiment faisable). Finalement, ça valait vraiment la peine ! Le paysage n’avait rien à voir avec celui de la veille : des oasis luxuriantes, on passe à une terre aride, chaotique, tourmentée, fracturée par l’activité sismique intense dans la région. On se situe en fait au cœur de la section sud de la faille de San Andreas, où d’autres failles plus petites évoluent en parallèle. On ne s’y connait pas vraiment en géologie, donc si vous voulez plus d’explications sur le pourquoi du comment, je vous invite à consulter cet article qui est accompagné d’impressionnantes photos. Sur place, nous nous sommes aventurés dans le Ladder Canyon, qui tire son nom des échelles qui y ont été placées pour accéder aux plate-formes supérieures (description du trail).

Désolée pour la qualité des photos prises avec mon smartphone…

Après avoir perdu du temps pour récupérer la batterie de mon appareil photo, nous sommes enfin partis vers notre destination finale : le désert fleuri d’Anza Borrego. En chemin, nous sommes passés à côté de la Salton Sea, une mer salée créée “accidentellement” au début du XXe siècle, lorsque les ingénieurs ont détourné une partie du fleuve Colorado pour irriguer les terres de cette région aride. Aujourd’hui, l’eau s’évapore peu à peu, augmentant le niveau de salinisation et menaçant tout l’écosystème de cette mer artificielle. C’était un autre endroit que j’avais proposé de visiter ce weekend, mais les scènes apocalyptiques de cadavres de poissons échoués sur les plages et de villes fantômes où le temps semble s’être arrêté n’avaient pas vraiment convaincu Quentin. Depuis la highway pourtant, Salton Sea a l’air d’être entourée de stations balnéaires plutôt sympathiques… Une fois qu’on s’en est éloignés, on a parcouru des dizaines de kilomètres dans le désert, où apparaissaient de temps à autre quelques maisons isolées. Au fur et à mesure qu’on avançait, on remarquait çà et là des taillis de fleurs de plus en plus fournis. Alors que l’après-midi était déjà bien entamée, nous avons fini par arriver au visitor center du parc et avons passé les dernières heures de la journée à admirer les floraisons des nombreuses espèces végétales qui colorent le désert.

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5 Comments Add yours

  1. christine verbeke says:

    Magnifique….c’est toujours un plaisir de découvrir vos nouvelles découvertes..( aventures!) j’adore!!!! Bizzz

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    1. Curieuse grignoteuse says:

      Merci 🙂

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  2. C’est bon de vous suivre les aventuriers 🙂 ! délicates compositions photos, superbes 🙂 ! Bisous d’ici, où les couleurs commencent enfin à faire leur reapparition! ❤

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    1. Curieuse grignoteuse says:

      Merci Selisyah 🙂 Bisous à vous

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  3. julien bonte says:

    awesome

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