À pied, en voiture ou en bateau

Après la visite de quelques membres de la famille en début d’année, c’est désormais au tour des amis de venir passer des vacances sous le soleil californien. Pour les quelques jours passés ensemble avant qu’ils ne partent en road trip dans l’ouest américain, Quentin avait prévu un programme carabiné auquel j’ai participé à partir du troisième jour (eh oui, maintenant que je travaille, ça ne rigole plus). Les deux premiers jours étaient tout de même plus relax : visite avortée du JPL, découverte de CalTech et de Old Town Pasadena et barbecue au Santa Fe Dam Recreation Area, un plan d’eau bien aménagé pas très loin de chez nous. Et puis, nous sommes partis deux jours à San Diego.
On a d’abord fait escale à La Jolla Cove pour pique-niquer face à l’océan. La Jolla porte bien son nom, car sa petite plage se niche à l’abri de hautes falaises curieusement sculptées par les forces de la nature, comme un bijou protégé par son écrin. On a pu y voir un lionceau de mer patauger dans l’eau sous le regard amusé des touristes.

Notre premier arrêt à San Diego était le Balboa Park, sur les hauteurs de la ville, où l’on peut admirer de nombreux bâtiment à l’architecture renouveau colonial espagnol datant de 1915, année durant laquelle la ville était l’hôte de l’Exposition Panama-Californie célébrant l’ouverture du canal de Panama. Outre les nombreux musées et le zoo qu’il abrite, c’est un parc haut en couleurs où il fait bon flâner quelques heures. Il ne faut surtout pas hésiter à longer l’arrière des bâtiments, qui nous réservent parfois de très jolies surprises.

On a ensuite voulu découvrir Little Italy, qui porte particulièrement bien son adjectif qualificatif : il s’agit en fait essentiellement d’une rue bordée de commerces et de restaurants aux saveurs italiennes. On s’est alors aventurés vers le port de San Diego et la flotte de son musée maritime que nous avons seulement admirée de l’extérieur, et parmi laquelle il y avait : le voilier Star of India ou encore le sous-marin B-39.
Le lendemain matin, c’était direction le Old Town San Diego, une reconstitution historique de la ville considérée comme le “lieu de naissance” de la Californie, car c’est là qu’en 1769, le Père Junìpero Serra fonda la première des 21 missions qui seront établies dans cet État. Bien sûr, de nombreuses tribus indiennes peuplaient ces terres depuis des millénaires, et la cohabitation avec les conquistadors ne s’est pas faite sans mal. Les Espagnols avaient emmené de nombreuses maladies contre lesquelles les Indiens n’étaient pas immunisés, si bien que près des 3/4 de la population fut décimée en seulement 60 ans. Il fallait ajouter à cela un mépris total de leurs coutumes et leurs croyances, puisque le but de ces missions était de christianiser les natifs de Californie, le travail forcé dans la mission et les abus de la part des soldats hispaniques (les Amérindiens étaient souvent battus, et les femmes régulièrement violées). Les autorités religieuses fermaient docilement les yeux sur ces atrocités – quand elles n’y participaient pas. Pourtant, en 2015, le Père Serra fut canonisé par le Pape François…
Dans le Old Town, il faut oublier l’histoire des natifs de Californie (comme dans beaucoup d’autres endroits), car on y parle quasi exclusivement de l’histoire des colons, de la manière dont ils vivaient au XIXè siècle. On y retrouve aussi beaucoup de petites boutiques et de restaurants.

L’après-midi, on l’a passée à Point Loma, une péninsule vallonnée de la baie de San Diego, qui fut probablement la première terre californienne explorée par l’expédition de Juan Rodriguez Cabrillo en 1542. Un monument y est d’ailleurs érigé en son honneur (le Cabrillo National Monument). On y accède via une route unique, et l’entrée coûte 10$ par voiture (mais le parc ferme à 17h, donc il faut bien planifier sa journée). Sur les hauteurs du promontoire, se dresse le Vieux Phare de Point Loma. Construit en 1855, il fut abandonné moins de quarante ans plus tard, car ce point de vue qui surplombe la baie à 130 mètres s’est avéré être peu conciliant : entre le brouillard et les nuages bas, peu nombreux étaient les jours où il éclairait de sa lumière l’entrée du port de San Diego. Le phare actuel se trouve simplement au pied de la colline, quelques mètres à peine au-dessus du niveau de la mer. Le parc qui l’entoure offre une petite balade de moins de 5 kilomètres le long de la côte. On découvre aussi quelques bâtiments militaires dissimulés dans le massif rocheux qui furent utilisés comme miradors lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Il y a aussi possibilité d’admirer la faune et la flore marines dans des tide pools (des petites mares d’eau salée créées par le mouvement des vagues dans les rochers en bordure d’océan), mais on ne peut plus y accéder après 16h30 et nous sommes arrivés à 16h32… En sortant du parc, on croise sur notre route un paisible cimetière militaire où, en cette avant-veille de Memorial Day, flottaient au gré du vent des centaines de petits drapeaux américains devant les innombrables pierres blanches qui jonchent le sol en souvenir des héros de la nation.

Au soir, c’est du haut des falaises de Sunset Cliffs que nous avons regardé le soleil se perdre derrière l’horizon. Avec un tel nom, nombreux sont les touristes qui s’y bousculent au crépuscule, mais il y a suffisamment d’espace pour que chacun soit aux premières loges du spectacle offert par l’astre rougissant.

Et puis, nous avons passé la soirée dans Gaslamp Quarter, le quartier de San Diego qui bouge à la nuit tombée, profitant d’un bon resto et d’un chouette petit concert avant d’aller nous coucher dans le bateau amarré à la Marinera qui nous servit de chambre pour la nuit. (Une expérience proposée par AirBnB pour la petite page publicitaire.)

Le lendemain, nous nous sommes levés aux aurores pour attraper un bateau à Long Beach qui nous a emmenés à toute vitesse sur l’île de Santa Catalina. Celle-ci fait partie de l’archipel des Channel Islands et est la seule des huit îles qui le composent à être habitée de manière permanente. (Certaines des autres îles peuvent tout de même être visitées.) C’est dans le port d’Avalon que nous avons fait escale, une petite bourgade maritime où les voitures sont quasiment inexistantes. Il ne faut cependant pas oublier que ce bout de terre au beau milieu du Pacifique appartient au comté de Los Angeles et que, de facto, il existe des moyens de transport privés – j’ai nommé : la voiturette de golf ! Parce que, oui, Catalina Island est une destination privilégiée des Angelinos, qui y fuient la chaleur estivale du continent. Mais en dehors de ses greens et de son casino, l’île a du charme à revendre : des dizaines de kilomètres de terres sauvages sillonnées par quelques chemins de randonnée. Pour notre part, on s’est contentés d’une boucle de 7 km au départ du Hermit Gulch Campground. (Il est possible de la commencer au Wringley Memorial and Botanic Garden moyennant le paiement de l’entrée au jardin, alors qu’en terminant par là, on peut y entrer gratuitement…) Pour les gros randonneurs, il existe le Trans-Catalina Trail qui traverse l’île de part en part, et qui comptabilise près de 90 km ! On peut apparemment y croiser des bisons introduits dans l’île en 1924 pour les besoins d’un film et qui ne l’ont jamais quittée depuis lors. Sur notre petite promenade de santé, on a tout de même croisé un petit renard peu farouche qui se baladait tranquillement sur le sentier.

Après cette journée bucolique, nous avons passé Memorial Day (jour férié aux USA où on célèbre la mémoire de tous les héros de guerre) à Universal Studios. Et là, on change radicalement de décor pour se retrouver au beau milieu de ce que Hollywood fait de plus grand et de plus extravagant ! Car si Warner Bros se veut un studio instructif sur les coulisses du cinéma, Universal est tout simplement un véritable parc d’attractions ! On a commencé par la visite des studios – qu’il vaut mieux faire dès votre arrivée dans le parc pour éviter les files d’attente interminables. On nous fournit des lunettes 3D avant d’embarquer à bord d’un petit train qui file à allure modérée vers les studios. Notre guide se situe dans la “cabine de pilotage”, mais pour notre confort, des petites télés ont été placées à intervalles réguliers pour qu’on puisse admirer son visage tout sourire (qu’on pourrait aussi qualifier de made in USA). L’entièreté du tour est rodée à la seconde près et ne laisse aucune place à l’improvisation. On traverse des décors de films et les animations ne manquent pas. Bref, Universal a mis les petits plats dans les grands pour nous en mettre plein la vue ! Pourtant, la journée ne fait que commencer, et les studios sont remplis d’univers différents. La sensation du moment, c’est évidemment Harry Potter and the Forbidden Journey, qui se passe dans l’enceinte même de Poudlard. Avant d’y accéder, on traverse Pré-au-Lard, où l’on retrouve Honeydukes, Zonko et la fameuse Bièraubeurre (qu’on n’a pas goûtée), mais aussi la boutique d’Ollivander, supposée être sur le Chemin de Traverse… (On ne me la fait pas, à moi !) Hormis cette inexactitude, la reconstitution du village est vraiment bien faite. Il y a même une chorale de crapauds (la même que dans les films) qui vient animer la rue bondée. En ce qui concerne l’attraction-phare du monde de Harry Potter, c’est sans aucun doute la meilleure du parc. Bien sûr, cette notoriété lui vaut une moyenne d’attente de 90 à 150 minutes (!!!), mais il est possible d’esquiver cela :
1) Demandez (comme nous) à faire le walk through et vous accéderez directement à la “salle des casiers” où vous avez l’obligation de laisser votre sac. Commencez votre marche dans le château et, au moment où vous croisez la file d’attente pour l’attraction, insérez-vous discrètement dedans. Temps d’attente final : 20 minutes (mais ça ne marchera certainement pas à tous les coups) ;
2) Demandez d’entrer en temps que single rider. L’inconvénient, c’est que vous “boucherez les trous” (les sièges vides) et que vous serez seul, abandonné de vos amis (d’où le mot single). Temps d’attente : 1 minute ;
3) Attendez la fin de la journée, au moment où le parc commence à se vider. Temps d’attente : 35 minutes.

Le reste de la journée, on l’a passée à sillonner Springfield, Fort Fort Lointain ou encore l’Égypte antique. Si certaines attractions étaient passablement nulles (Shrek et The Walking Dead) ou quelque peu dépassées (The Simpsons), d’autres en revanche talonnaient de près le monde des sorciers : les effets 3D dans Transformers qui vous mènent au cœur du combat entre Optimus Prime et les Decepticons, ou encore les paysages obscurs de Revenge of the Mummy qui défilent à toute vitesse sous les yeux raviront les visiteurs en mal de sensations. Et pour profiter pleinement de toutes ces attractions en évitant de passer d’interminables minutes dans les longues files d’attente, il n’y a qu’un mot que deux mots d’ordre : single rider.

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  1. pf1969 says:

    C’est toujours un réel plaisir de lire vos aventures californiennes ! Du rêve, du rêve … et la photo de l’âne est très réussie 🙂

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